Essai Porchet : le test d’infiltration clé pour vos projets pluviaux
L’essai Porchet est un test simple mais fondamental dans l’étude de la gestion des eaux pluviales. Il mesure la capacité d’un sol à absorber l’eau par infiltration, paramètre décisif pour dimensionner des ouvrages de rétention-infiltration (noues, bassins, tranchées drainantes). À Orléans, en région Centre-Val de Loire, où les sols présentent une variabilité importante entre zones calcaires et alluviales, ce type d’essai est particulièrement recommandé avant tout projet d’aménagement intégrant la gestion des eaux pluviales.
La Méthodologie nationale « Sites et Sols Pollués » (2017) et le DTU 64.1 (Exécution des travaux de fondations) font référence à ces essais pour valider la faisabilité technique et évaluer les risques liés à l’infiltration. Cet article vous explique le protocole exact, son interprétation et ses applications concrètes pour les projets locaux.
Qu’est-ce que l’essai Porchet et pourquoi c’est crucial
L’essai Porchet est un essai d’infiltration in situ qui consiste à creuser un trou cylindrique (diamètre standardisé) à la profondeur visée, puis à le remplir d’eau et à mesurer la vitesse à laquelle le niveau baisse. Le coefficient de perméabilité (ou conductivité hydraulique) est ensuite calculé à partir de cette observation. Contrairement aux forages profonds ou aux essais de pompages coûteux, c’est une méthode économique et rapide, applicable en surface ou à faible profondeur (jusqu’à 3 mètres environ).
Pour les projets de gestion des eaux pluviales à Orléans, cette donnée est essentielle :
- Déterminer si l’infiltration complète est possible ou si un bassin de rétention doit être associé à un exutoire (fossé, réseau, exfiltration partielle)
- Dimensionner les noues ou autres ouvrages linéaires
- Évaluer le risque de remontée de nappe ou de saturation prolongée
- Valider la conformité réglementaire avec les documents d’urbanisme locaux (PLU, zonage pluvial)

Protocole d’exécution et mesures sur le terrain
L’essai Porchet suit une procédure stricte, normalisée par les guides techniques français (notamment le DTU 64.1 et les recommandations LCPC). Voici les étapes clés :
Préparation et creusement
On creuse un trou de diamètre D (généralement 30 cm) à la profondeur H souhaitée. Le fond du trou doit être le plus horizontal possible, légèrement scarifié pour éliminer le lissage du sol. L’eau doit avoir le temps de s’infiltrer sans détremper les parois (préhumification du sol). Pour les projets orléanais, où les couches géologiques peuvent être très hétérogènes (mélange de calcaires, sables et limons), il est crucial de cibler plusieurs profondeurs.
Remplissage et suivi du niveau
On remplit le trou avec de l’eau à température ambiante. On mesure la baisse de niveau h (en cm) à intervalles réguliers (toutes les 5 ou 10 minutes selon la vitesse d’infiltration). Les mesures doivent couvrir au moins 30 cm de baisse, idéalement plus pour assurer la stabilité des données. La durée totale varie de 15 minutes à plusieurs heures selon la perméabilité du sol.
Calcul du coefficient de perméabilité K
La formule de Porchet est :
K (cm/h) = (30 × D × Δh) / (H × (H + D) × Δt)
Où :
- D = diamètre du trou (cm)
- Δh = baisse du niveau d’eau (cm)
- Δt = intervalle de temps (h)
- H = profondeur du trou (cm)
Ce coefficient K est exprimé en cm/h ou convertible en m/s (divide par 36 000). À Orléans, les valeurs typiques varient de < 0,1 cm/h (sols peu perméables, limons, argiles) à > 10 cm/h (sables, graviers).

Interprétation des résultats et implications pour la GEP
Une fois K obtenu, l’interprétation dépend du projet et du contexte hydrogéologique local :
Sols très perméables (K > 5 cm/h)
Infiltration rapide, risque de colmatage réduit. Idéal pour noues ou tranchées drainantes en simple couche. À Orléans, ces configurations se rencontrent plutôt en zones périphériques ou en terrasses anciennes.
Sols moyennement perméables (1 < K < 5 cm/h)
Infiltration modérée, dimensionnement classique de bassin et ouvrages multiples possibles. C’est le cas le plus courant en Centre-Val de Loire.
Sols peu perméables (K < 1 cm/h)
Infiltration limitée ou très lente. L’infiltration complète n’est généralement pas viable. Il faut prévoir un bassin de rétention avec relargage progressif vers un exutoire ou une station de traitement. À Orléans intramuros, où dominent les formations limono-argileuses, cette situation est fréquente.
Essai Matsuo en complément
Pour affiner le diagnostic, notamment en profondeur (jusqu’à 5-6 m), l’essai Matsuo (pompge à débit constant dans un puits) peut compléter l’étude. Cependant, pour les projets superficiels de gestion des eaux pluviales, l’essai Porchet suffit généralement.
Cadre réglementaire et zonage pluvial à Orléans
En Centre-Val de Loire, notamment à Orléans, les collectivités adoptent progressivement des zonages pluviaux intégrant des critères d’infiltrabilité. Le PLU ou les documents de gestion des eaux pluviales (documents d’assainissement urbain) peuvent imposer :
- Une géotechnique obligatoire (essai Porchet) avant tout projet d’aménagement en zone identifiée
- Un seuil minimum de perméabilité pour valider la faisabilité
- Une étude d’impact sur la nappe (si nappe à faible profondeur)
Le DTU 64.1 impose également de respecter un minimum de 5 m de distance entre le fond de l’ouvrage d’infiltration et la nappe en période hautes eaux, ou 1 m si traitement spécifique. À Orléans, la nappe peut être relativement proche en zones nord et ouest (vallée de la Loire), ce qui peut limiter les possibilités d’infiltration en profondeur.
Points de vigilance et erreurs courantes
- Mauvaise préparation du trou : parois lisses ou compactées artificiellement faussent les mesures. Scarifier le fond est impératif.
- Durée insuffisante : une mesure sur 5 minutes peut être biaissée par la macroporosité initiale. 30 minutes minimum.
- Oublier la variation de profondeur : K change fortement entre 1 m et 3 m. Réaliser plusieurs essais à différentes profondeurs.
- Ne pas tenir compte de la nappe : si la nappe remonte durant l’essai, les résultats deviennent inutilisables.
- Confondre perméabilité et faisabilité : une bonne perméabilité n’élimine pas les risques de pollution ou de remontée capillaire.
Mise en pratique pour un projet à Orléans
Prenons l’exemple d’un petit collectif ou d’une zone commerciale en banlieue orléanaise souhaitant intégrer la gestion de ses eaux pluviales. Le scénario type :
- Phase diagnostic : 2-3 essais Porchet à des profondeurs échelonnées (0,5 m, 1,5 m, 2,5 m)
- Analyse géologique : vérifier la géologie locale (cartes géologiques du BRGM, forages existants)
- Calcul du volume à gérer : pluie décennale ou vingtennale selon les critères locaux
- Dimensionnement : si K suffisant, ouvrage d’infiltration (noue + tranchée). Sinon, bassin + exutoire.
- Validation réglementaire : conformité au zonage pluvial, distance à la nappe, polices de l’eau si applicable
HydPoll, bureau d’études spécialisé, réalise ces campagnes d’essai et interprétations pour les collectivités, aménageurs et entreprises de la région Orléans et Centre-Val de Loire, en garantissant conformité aux normes et contexte hydrogéologique local.
Synthèse : l’essai Porchet, socle de toute gestion des eaux pluviales durable
L’essai Porchet reste un outil incontournable et économe pour évaluer l’infiltrabilité des sols avant tout projet de gestion des eaux pluviales. Son protocole simple mais rigoureux, conforme au DTU 64.1 et aux guides méthodologiques français, fournit le coefficient de perméabilité clé pour dimensionner noues, bassins de rétention et autres ouvrages. À Orléans, où la diversité géologiques et les enjeux de nappe phréatique sont significatifs, cette étude préalable n’est pas optionnelle : elle conditionne la faisabilité technique, la durabilité et la conformité réglementaire du projet. Si vous envisagez un aménagement avec gestion intégrée des eaux pluviales dans la région, contactez HYDPOLL pour une campagne d’essai adaptée à votre contexte local.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l’essai Porchet et l’essai Matsuo ?
L’essai Porchet mesure l’infiltration in situ par baisse de niveau dans un trou peu profond (< 3 m), facile et économique. L'essai Matsuo est un pompge à débit constant réalisé dans un puits plus profond (5-6 m) et donne une conductivité hydraulique plus fiable pour les formations aquifères. Pour la gestion des eaux pluviales superficielle, Porchet suffit généralement.
À quelle profondeur doit-on réaliser l’essai Porchet pour un projet d’infiltration ?
Cela dépend de la profondeur prévue de l’ouvrage. Pour une tranchée drainante ou noue à 0,5-1,5 m, tester à ces mêmes profondeurs. Pour un bassin plus profond, réaliser plusieurs essais (0,5 m, 1,5 m, 2,5 m) afin de capter la variabilité des couches. À Orléans, l’importance de la nappe phréatique rend impératif de ne pas dépasser le niveau des plus hautes eaux.
Un coefficient K < 1 cm/h signifie-t-il que l'infiltration est impossible ?
Non, cela signifie que l’infiltration est lente. On peut encore accepter une infiltration partielle associée à un relargage contrôlé vers un exutoire (fossé, réseau urbain). Un bassin de rétention temporaire avec vidange progressive est alors le bon dimensionnement. Seul un sol avec K quasi nul (< 0,1 cm/h) rend l'infiltration vraiment impraticable et impose une évacuation directe.
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