Qu’est-ce que la rubrique 2.1.5.0 de la Loi sur l’Eau ?
La rubrique 2.1.5.0 de la nomenclature Loi sur l’Eau concerne les prélèvements d’eau souterraine (forage eau, puits) dont le volume dépasse 10 m³/jour, destinés à l’alimentation en eau potable, l’industrie, l’agriculture ou tout autre usage. En Val-de-Marne, département largement urbanisé d’Île-de-France, cette réglementation s’applique à de nombreux projets : alimentations d’usines, résidences collectives, golfs, serres horticoles ou projets géothermiques exploitant les aquifères.
Dès que vous envisagez un prélèvement supérieur à 10 m³/jour, vous êtes soumis à une déclaration ou autorisation auprès de la direction régionale de l’Environnement (DREAL) Île-de-France et de la police de l’eau locale. La distinction entre déclaration et autorisation dépend du volume et du type de source.
Cadre réglementaire et compétences locales en Val-de-Marne
Le Val-de-Marne, situé à proximité immédiate de Paris et de la Seine, fait partie du district hydrographique Seine-Normandie. La géologie locale présente des formations calcaires (craie, calcaires lutétiens) et des nappes phréatiques à faible profondeur (15 à 30 m par endroits), mais aussi des zones à forte urbanisation limitant les possibilités de recharge naturelle. La nappe de Beauce et la nappe calcaire du Lutétien constituent les principaux aquifères exploitables.
L’autorité compétente pour instruire les dossiers est le Préfet de Val-de-Marne, en coordination avec la DREAL Île-de-France et l’agence de bassin Seine-Normandie. Des contraintes régionales renforcées peuvent s’appliquer selon la localisation (zones sensibles, aires d’alimentation de captages publics).

Procédure de demande : étapes clés
1. Vérification de la rubrique applicable
Avant tout, confirmez que votre projet relève bien de la 2.1.5.0 :
- Volume prélevé > 10 m³/jour en eaux souterraines
- Durée du prélèvement (temporaire ou permanent)
- Localisation (zone de recharge, aire de captage protégée)
2. Constitution du dossier technique
Le dossier type comprend :
- Étude hydrogéologique complète : caractérisation de l’aquifère, profondeur de la nappe phréatique, piézométrie, épaisseur et géologie des formations
- Essai de pompage : démonstration du débit soutenable, durée minimale 24 h
- Analyse chimique et microbiologique : conformité eau potable ou usage prévu
- Plans de localisation, coupes géologiques
- Justification technique du besoin en eau
- Bilan hydrique : justifier que les prélèvements ne compromettent pas la ressource
3. Dépôt auprès des autorités compétentes
Le dossier complet s’adresse à la Préfecture de Val-de-Marne (police de l’eau) en deux exemplaires papier + version numérique. Un avis du Conseil municipal ou du conseil syndical est souvent nécessaire pour les projets d’alimentation collective.
4. Instruction administrative et délai
Le délai d’instruction est généralement de 3 à 6 mois, prolongé si avis de l’agence de bassin ou enquête publique. La DREAL organise une consultation des services intéressés (Santé, Environnement, Eau).

Pièces essentielles du dossier technique
Étude hydrogéologique
Ce document fondateur doit couvrir : caractérisation géologique des formations traversées, profondeur et variations saisonnières de la nappe phréatique, identité de l’aquifère exploité (Lutétien, Dogger, Craie…), recharge naturelle, sensibilité à la pollution, et inventaire des autres usages de l’eau à proximité.
Essai de pompage et piézométrie
Un essai pompage contrôlé (minimum 24 heures, de préférence 72 heures) est indispensable pour justifier le débit demandé. Des mesures piézométriques (niveaux d’eau) avant, pendant et après l’essai permettent d’évaluer la transmissivité et l’emmagasinement de l’aquifère. Tout nouveau forage eau doit être géré conformément aux normes de foration (DTU 64.1).
Dimensionnement et justification du besoin
Justifiez le volume demandé : consommation réelle, évolution prévisionnelle, économies d’eau envisagées. En Val-de-Marne, les dossiers font l’objet d’un examen attentif concernant la durabilité face à la densité urbaine croissante.
Points critiques et erreurs à éviter
- Étude incomplète : une étude hydrogéologique insuffisante rallonge l’instruction. Assurez-vous qu’elle couvre les trois années précédentes (variations piézométriques).
- Forage non conforme : un forage réalisé avant autorisation expose à des sanctions. Utilisez un foreur agréé respectant le DTU 64.1 et effectuez les puits de diagnostic (piézométrie) selon les normes.
- Absence de bilan hydrique : obligatoire pour démontrer qu’il n’y a pas d’impact sur la nappe phréatique régionale ou les captages publics proches.
- Consultation insuffisante : oubli de consulter les communes limitrophes ou les exploitants de captages publics voisins.
Dossier de déclaration vs. autorisation
Pour les prélèvements 10 à 25 m³/jour, la déclaration suffit souvent (délai 1 mois). Au-delà de 25 m³/jour ou pour des usages sensibles (eau potable collective), l’autorisation est nécessaire (3 à 6 mois, possible enquête publique). En Val-de-Marne, préférez l’approche prudente : traitez tout projet comme une demande d’autorisation pour anticiper les exigences.
Points de contact et délais de traitement
- Préfecture Val-de-Marne, Service Police de l’Eau : dépôt physique et suivi
- DREAL Île-de-France : avis technique et conformité régionale
- Agence de bassin Seine-Normandie : approbation ou avis favorable
- Délai moyen : 4 à 5 mois pour instruction complète
Synthèse et recommandations
Un dossier Loi sur l’Eau 2.1.5.0 bien structuré est la clé du succès. En Val-de-Marne, où les ressources en eau souterraine sont partagées avec de nombreux usagers et où la densité urbaine limite les possibilités de recharge, une étude hydrogéologique rigoureuse, un essai de pompage probant et un bilan hydrique transparent sont non négociables. La piézométrie régionale, la caractérisation de l’aquifère et la sensibilité du site détermineront l’issue de votre demande.
Chez HydPoll, nous pilotez le cycle complet : diagnostic de la nappe phréatique, campagne piézométrique, forage eau, essai pompage, analyse chimique et rédaction du dossier conforme aux exigences de la police de l’Eau. Nous maîtrisons les spécificités hydrogéologiques du Val-de-Marne et les attentes des autorités régionales. Contactez notre équipe pour étudier votre projet et sécuriser votre demande d’autorisation.
Questions fréquentes
Quel est le seuil de volume pour être soumis à la Loi sur l’Eau 2.1.5.0 ?
Toute personne effectuant un prélèvement d’eau souterraine supérieur à 10 m³/jour est soumise à la Loi sur l’Eau. Entre 10 et 25 m³/jour, une déclaration suffit généralement ; au-delà, une autorisation est nécessaire. Des seuils renforcés s’appliquent en zones sensibles ou aires d’alimentation de captages publics.
Combien de temps faut-il pour instruire un dossier Loi sur l’Eau 2.1.5.0 en Val-de-Marne ?
L’instruction dure en moyenne 3 à 6 mois. Pour une déclaration simple, 1 mois suffit. Le délai s’allonge si une enquête publique est organisée ou si des demandes de pièces complémentaires sont émises par la Préfecture ou la DREAL.
Quels sont les risques de ne pas respecter la procédure Loi sur l’Eau ?
Réaliser un forage ou un prélèvement sans autorisation expose à des amendes (jusqu’à 75 000 €), à l’obligation de comblement du forage, et à des poursuites pénales. En Val-de-Marne, où la police de l’eau est vigilante, cette infraction est activement tracée et sanctionnée.
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