Le radon est un gaz radioactif naturel, incolore et inodore, issu de la désintégration de l’uranium contenu dans les roches. Il s’infiltre dans les bâtiments par le sous-sol et peut s’y accumuler. Dans le Cher (18), la situation varie fortement d’une commune à l’autre : tout dépend de la nature du sous-sol. Voici comment savoir si votre commune est concernée, comment mesurer correctement le radon et quels leviers font réellement baisser la concentration intérieure.
Pourquoi le sous-sol du Cher change tout
Le radon n’a pas d’origine industrielle : il vient de la géologie. Sa production dépend de la teneur en uranium des formations géologiques, et sa migration vers la surface dépend de leur perméabilité et de leur fracturation. C’est pourquoi deux communes distantes de quelques dizaines de kilomètres peuvent présenter des situations très différentes.
Le Cher est géologiquement contrasté. Sa moitié nord et centrale relève des formations sédimentaires du sud du Bassin parisien — calcaires, marnes, argiles et sables — généralement associées à un potentiel radon faible. Le sud du département, au contact des terrains cristallins et métamorphiques de la bordure nord du Massif central, présente en revanche un contexte plus favorable à la production de radon : à l’échelle nationale, ce sont les granites et certains schistes qui sont principalement concernés.
Ce que dit le zonage réglementaire
Le décret du 27 juin 2018 a établi une cartographie du potentiel radon qui classe chaque commune française en trois catégories : potentiel faible (zone 1), potentiel faible mais avec des facteurs géologiques particuliers (zone 2), et potentiel significatif (zone 3). Ce classement repose sur la géologie, pas sur des mesures réalisées dans les bâtiments : une commune en zone 1 peut abriter une maison présentant une concentration élevée, et l’inverse est tout aussi vrai.
Le bon réflexe est donc de vérifier le classement de votre commune sur la cartographie officielle (accessible via Géorisques), puis de le considérer comme une indication de priorité — et non comme un diagnostic. Le zonage conditionne en revanche des obligations concrètes : en zone 3, information de l’acquéreur ou du locataire dans l’état des risques, et dépistage périodique obligatoire dans certaines catégories d’établissements recevant du public.
Mesurer le radon : la méthode compte autant que le résultat
Une mesure de radon mal réalisée ne vaut rien. Le radon fluctue fortement selon la saison, la météo, la ventilation et l’occupation des locaux. Une mesure ponctuelle de quelques heures est donc inexploitable pour caractériser une exposition.
Le dépistage se fait avec des dosimètres passifs, placés dans les pièces de vie les plus basses et les plus occupées (séjour, chambre, pièce en rez-de-chaussée ou sur vide sanitaire). La durée d’exposition recommandée est d’au moins deux mois, et la mesure doit être réalisée pendant la période de chauffe — schématiquement de la mi-septembre à la fin avril — car c’est la période où les bâtiments sont les plus fermés et où le tirage thermique aspire l’air du sol. Les dosimètres sont ensuite analysés par un laboratoire compétent, et le résultat est exprimé en becquerels par mètre cube (Bq/m³) en moyenne annuelle.
Le niveau de référence de 300 Bq/m³
Le code de la santé publique fixe un niveau de référence de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle dans les lieux ouverts au public et les logements. Au-delà, des actions correctives sont attendues. En dessous, il reste pertinent de chercher à abaisser la concentration : le risque sanitaire associé au radon — deuxième facteur de cancer du poumon après le tabac selon les autorités sanitaires françaises — est considéré comme croissant avec la dose, sans seuil d’innocuité identifié.
Réduire la concentration : trois familles de solutions
Quand un résultat élevé est confirmé, l’intervention se construit en trois étapes : comprendre les voies d’entrée du gaz, traiter le bâtiment, puis vérifier l’efficacité par une nouvelle mesure.
1. Étancher l’interface entre le sol et le bâtiment
Le radon entre par les points de faiblesse : fissures de dallage, joints de reprise, passages de canalisations et de gaines, trappes de visite, regards, sols en terre battue dans les caves anciennes. Le colmatage soigné de ces passages est souvent la première action, la moins coûteuse et la plus rentable. Dans le bâti ancien du Boischaut ou du Sancerrois, ce travail demande une inspection attentive des sous-sols et vides sanitaires.
2. Ventiler correctement le bâtiment
Diluer le radon par un renouvellement d’air maîtrisé est efficace, à condition que la ventilation ne mette pas le logement en dépression, ce qui aggraverait l’aspiration de l’air du sol. La remise en état d’une VMC encrassée, le dégagement des entrées d’air en menuiserie et la ventilation naturelle des vides sanitaires font partie des actions courantes.
3. Traiter le soubassement
Lorsque les deux premières familles ne suffisent pas, on agit directement sous le bâtiment : ventilation mécanique du vide sanitaire ou de la cave, ou mise en place d’un puisard de dépressurisation du sol relié à un extracteur. Cette solution, techniquement plus lourde, est aussi la plus efficace dans les configurations difficiles.
Radon, sol et projet immobilier : une lecture d’ensemble
Le radon n’est qu’un paramètre du sol parmi d’autres. Sur un projet de construction, de réhabilitation ou d’acquisition, il gagne à être examiné avec la nature géotechnique des terrains, la présence éventuelle d’une nappe et l’aptitude à l’infiltration des eaux pluviales. Sur les sites à passé industriel ou artisanal, l’analyse historique et les investigations menées dans le cadre d’un diagnostic de pollution des sols dans le Cher apportent en outre une connaissance fine du sous-sol qui éclaire la question des transferts de gaz vers le bâtiment. Ces prestations sont encadrées par la norme NF X31-620, et les analyses sont confiées à des laboratoires accrédités COFRAC.
Questions fréquentes
Ma commune du Cher est classée en zone 1 : puis-je oublier le sujet ?
Non. Le zonage traduit un potentiel géologique moyen à l’échelle communale. Une maison avec une cave en terre battue, un dallage fissuré et une ventilation défaillante peut présenter une concentration notable même en zone 1. Si vous passez beaucoup de temps dans une pièce basse, une mesure reste utile.
Une mesure réalisée en été est-elle valable ?
Elle est peu représentative. Les fenêtres ouvertes et l’absence de tirage thermique conduisent presque systématiquement à sous-estimer la concentration moyenne annuelle. Il vaut mieux attendre la période de chauffe pour obtenir un résultat exploitable.
Le dépistage est-il obligatoire pour un particulier ?
Pas pour un logement individuel : la démarche est volontaire. L’obligation de dépistage périodique vise certaines catégories d’établissements recevant du public situés en zone 3, ainsi que certains lieux de travail souterrains. En revanche, en zone 3, l’information sur le risque radon doit figurer dans l’état des risques remis lors d’une vente ou d’une location.
Quel est le coût d’une intervention ?
Il dépend entièrement de la configuration : surface, nombre de niveaux, type de soubassement, ampleur du diagnostic bâtimentaire souhaité. Le chiffrage se fait sur devis, après description du bâtiment et de son environnement.
Se faire accompagner dans le Cher
HydPoll intervient dans le Cher depuis son agence d’Orléans, sur l’ensemble des problématiques liées au sol : environnement, hydrogéologie, assainissement, eaux pluviales, géothermie et étude de sol. Décrivez-nous votre bâtiment et son contexte : nous cadrons avec vous la stratégie de mesure et les suites à donner, via notre formulaire de demande de devis.