Qu’est-ce que le zonage pluvial communal ?
Le zonage pluvial est un document stratégique qui délimite les zones d’une commune en fonction de leur capacité à accueillir des dispositifs de gestion des eaux pluviales. À Tours, comme dans tous les territoires du Centre-Val de Loire, ce zonage encadre les modalités d’infiltration, de rétention ou de rejet des eaux de pluie vers les réseaux publics ou les milieux naturels. Il traduit la directive cadre eau et le Code de l’environnement au niveau local.
Depuis le Grenelle de l’environnement et les évolutions du Code de l’environnement, les communes doivent élaborer ou actualiser leur zonage pluvial pour encadrer la gestion des eaux pluviales. Ce document s’impose aux aménageurs, collectivités et particuliers lors de tout projet d’aménagement ou de construction. Le zonage pluvial de Tours définit ainsi les secteurs d’infiltration préférentielle, les zones de rejet en réseau unitaire ou séparatif, et les secteurs soumis à des études géotechniques obligatoires.
Les zones d’infiltration et leurs enjeux géotechniques
À Tours, la géologie locale influence directement les possibilités d’infiltration. Le territoire est caractérisé par des formations du Turonien et du Cénomanien (craie et calcaires), recouvertes localement de limons et d’alluvions. Cette hétérogénéité géologique implique que certains secteurs de la ville sont favorables à l’infiltration des eaux pluviales, tandis que d’autres présentent des contraintes (nappe phréatique superficielle, faible perméabilité des argiles).
Pour dimensionner correctement un ouvrage de gestion des eaux pluviales (noue, bassin de rétention, tranchée d’infiltration), il est indispensable de connaître le coefficient de perméabilité du sol. Le DTU 64.1, norme de référence française, impose la réalisation d’essais in situ : l’essai Porchet (sur sols fins) et l’essai Matsuo (sur sols plus grossiers) permettent de quantifier cette perméabilité et de valider l’infiltrabilité.

Sans ces essais, aucun aménageur ne peut affirmer qu’une infiltration est viable. À Tours, où les conditions hydrogéologiques sont variables, cette étape est cruciale pour éviter les débordements ou les remontées de nappe.
Obligations réglementaires et DTU 64.1
Le DTU 64.1 « Travaux de bâtiment — Ouvrages en éléments discontinus — Maçonnerie » fixe les règles techniques pour la conception et l’exécution des ouvrages de gestion des eaux pluviales. Cette norme impose :
- Un diagnostic de perméabilité préalable (essai Porchet ou Matsuo) pour tout projet d’infiltration ;
- Un dimensionnement hydraulique basé sur le coefficient de perméabilité mesuré ;
- Un entretien régulier des dispositifs (curage, nettoyage) ;
- Une distance minimale vis-à-vis des fondations et des réseaux souterrains.
Le zonage pluvial de Tours reprend ces exigences et les complète par des prescriptions locales. Certains secteurs, notamment les zones urbanisées denses du centre-ville, imposent un rejet en réseau public ou une rétention en surface. D’autres, en périphérie ou en milieu moins contraint, autorisent l’infiltration sur propriété privée sous condition d’essai préalable.
Les ouvrages de gestion des eaux pluviales à Tours
Une noue est une dépression peu profonde, enherbée ou plantée, qui retient les eaux pluviales et favorise l’infiltration progressive. À Tours, les noues sont particulièrement adaptées aux zones périurbaines et aux espaces verts publics. Elles offrent un double avantage : stockage hydraulique et amélioration du paysage urbain.
Le bassin de rétention est un ouvrage plus imposant, capable de stocker d’importants volumes. Il peut être créé en dépression naturelle, en excavation, ou en utilisant des éléments préfabriqués. Un bassin bien dimensionné, conforme au DTU 64.1, peut être sec en périodes normales et se remplir lors d’événements pluvieux significatifs. À Tours, les bassins de rétention sont couramment mis en place lors d’aménagements commerciaux ou de zones d’activité.

Au-delà du type d’ouvrage, la GEP (gestion des eaux pluviales) intègre aussi des solutions techniques complémentaires : tranchées d’infiltration, chaussées poreuses, ou toitures végétalisées. Le choix dépend du contexte local, de la perméabilité du sol, de la charge hydraulique et des obligations du zonage pluvial.
Essais de perméabilité : Porchet et Matsuo
L’essai Porchet est le plus couramment utilisé en France pour les sols fins (argiles, limons, tourbes). Il consiste à creuser un trou de 300 mm de diamètre et de profondeur fixe, à le remplir d’eau, et à mesurer la vitesse d’infiltration sur une période donnée. Cet essai fournit un coefficient de perméabilité en mm/h, directement utilisable pour le dimensionnement des ouvrages.
L’essai Matsuo est recommandé pour les sols plus perméables (sables, graviers). Il utilise une géométrie différente et convient mieux aux terrains avec une perméabilité élevée. À Tours, où les sols de surface sont souvent limoneux ou argileux, c’est l’essai Porchet qui prime, mais les deux peuvent être prescrits selon la géologie locale.
Ces essais, réalisés par un bureau d’études qualifié, sont une démarche incontournable pour valider un projet de gestion des eaux pluviales et obtenir les autorisations administratives nécessaires.
Synthèse et recommandations
Le zonage pluvial de Tours encadre la gestion des eaux pluviales de manière adaptée aux conditions hydrogéologiques et urbaines locales. Respecter ces obligations implique de connaître précisément la perméabilité du sol (via essai Porchet ou Matsuo), de dimensionner les ouvrages conformément au DTU 64.1, et de choisir la solution (infiltration, rétention, rejet) la mieux adaptée à la zone géographique.
Pour tout projet d’aménagement à Tours — construction, parkings, zones d’activité ou espace public — une étude hydrogéologique préalable est non seulement obligatoire, mais garante de la conformité réglementaire et de la pérennité de l’ouvrage. HydPoll, bureau d’études spécialisé, accompagne depuis des années les aménageurs et collectivités de la région Centre-Val de Loire dans la réalisation de diagnostics de perméabilité, le dimensionnement d’ouvrages de gestion des eaux pluviales et l’optimisation de la conformité au zonage pluvial communal. Contactez-nous pour étudier votre projet à Tours ou ses alentours.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un essai Porchet et pourquoi est-il obligatoire ?
L’essai Porchet est un test in situ qui mesure la capacité d’infiltration du sol en mm/h. Il est obligatoire pour tout projet impliquant une infiltration des eaux pluviales, car il détermine le coefficient de perméabilité nécessaire au dimensionnement des ouvrages (noues, bassins, tranchées). Sans cet essai, aucune justification de l’infiltrabilité n’est possible auprès des autorités.
Quelle est la différence entre une noue et un bassin de rétention ?
Une noue est une dépression peu profonde, enherbée, qui favorise l’infiltration progressive et améliore l’aspect paysager. Un bassin de rétention est un ouvrage plus grand et plus profond, capable de stocker des volumes importants d’eau, avec possibilité de vidange lente vers l’infiltration ou le rejet en réseau. Le choix dépend des conditions hydrogéologiques locales et de la perméabilité mesurée.
Le zonage pluvial de Tours s’impose-t-il à tous les projets ?
Oui. Le zonage pluvial communal est un document d’urbanisme opposable aux tiers. Tout projet d’aménagement (construction, extension, parking, zone d’activité) doit respecter les dispositions du zonage : obligation d’infiltration, de rétention, ou de rejet définie selon la zone géographique du projet. Son non-respect peut entraîner des refus de permis de construire ou des mises en demeure.
HydPoll accompagne les particuliers, entreprises et collectivités dans leurs projets liés à l’eau, au sol et au sous-sol. Contactez-nous pour un devis personnalisé.